Great
Maquisards et « contre-insurrection » durant la guerre du Cameroun (1960).
- Accueil
- Maquisards et « contre-insurrection » durant la guerre du Cameroun (1960).

Maquisards et « contre-insurrection » durant la guerre du Cameroun (1960).
Photographie d’un groupe de combattants de l’UPC.
Cette photographie (Ill.1) est conservée au Service historique de la défense, à Vincennes. Elle fait partie d’un ensemble de documents saisis au domicile de Paul MOMO, l’un des principaux chefs de guerre de l’ALNK (Armée de Libération Nationale du Kamerun), soit la branche armée de l’UPC, à Baham, le 28 septembre 1960.
Les autres pièces du dossier montrent que les documents saisis ont été remis au Préfet du département Bamiléké, le 2 décembre 1960, soit trois semaines après la mort de Paul MOMO.
Entre-temps, ces documents, d’une grande richesse, ont permis aux autorités militaires françaises, épaulées par les forces camerounaises, de mieux comprendre les rapports de force au sein de l’UPC et d’identifier les combattants opérant aux côtés de Paul MOMO.
Des éléments textuels ont été ajoutés au recto et au verso (Ill.2) pour identifier, tant bien que mal, la date, le lieu et les hommes présents sur les photographies.
Cinq hommes figurent sur la photographie, dont quatre sont visibles et identifiés. Il s’agit de combattants de l’ALNK, alors commandée par SINGAP Martin, depuis 1959. La photo a été grossièrement retouchée pour que l’on ne puisse pas reconnaître le cinquième homme. Il s’agit très probablement d’un maquisard qui donnait des informations aux militaires et aux forces de l’ordre. Par ce simple collage, les responsables français et camerounais espéraient préserver son anonymat pour éviter d’éventuelles représailles. Paul MOMO est ici le combattant le plus important. Avec SINGAP Martin et Jérémie NDÉLÉNÉ, il apparaît comme l’un des principaux leaders des maquis et éliminer ces leaders permettait d’obtenir des ralliements importants parmi les maquisards et les populations locales.
Les cinq hommes prennent la pause. Ils portent l’uniforme de l’ANLK, inspiré du scoutisme en plein essor au Cameroun depuis les années 1950, comme le montre notamment l’usage de la trompette par le deuxième homme en partant de la droite. Le fusil, tenu par l’homme le plus à droite de la photo, est sommaire et a probablement été fabriqué dans l’un des ateliers de l’ALNK où les armes à feu sont assemblées de façon artisanale et demeurent peu efficaces. Les armes sont rudimentaires, les tenues élimées, mais les hommes sourient. Le contraste est frappant entre l’insouciance de la scène et la violence de la répression et des traques méthodiques organisées par des officiers et sous-officiers militaires.
Cette photographie archive la manière dont les membres des maquis sont traqués, identifiés et localisés pour être potentiellement éliminés par les services qui ont tenté d’identifier les hommes sur la photographie saisie au domicile de Paul MOMO. Si ce dernier est facilement reconnu (« n°3 »), en revanche, l’identité des autres combattants a demandé une enquête plus poussée. Ces renseignements étaient essentiels : ils permettaient aux militaires, au Cameroun comme en Algérie, d’identifier, de traquer et d’éliminer les combattants, et plus particulièrement leurs chefs, qui se dissimulaient parmi la population civile.
Ces renseignements, les spécialistes de la « contre-insurrection » les obtenaient par le biais d’informateurs parmi les combattants indépendantistes. Sur cette photographie, le cinquième combattant à droite, effacé par le montage, était probablement l’un d’entre eux. On devine, par sa poignée de main, qu’il est venu à la rencontre de Paul MOMO et de ces hommes. Il aura sans doute contribué à la traque et à l’élimination de ces hommes dont Paul MOMO, finalement dénoncé et tué le 17 novembre 1960.
Cette photographie résume à elle seule les conditions terribles de la guerre menée par les indépendantistes camerounais : une guerre dans laquelle ces combattants sont à la merci de certains de leurs camarades et dont le moindre souvenir photographique devient une arme retournée contre eux.
Je Suis Bamiléké, I Am Grassfield 2.0
Anthony GUYON Fabien SACRISTE
PBN
Recent Posts
- 🛑 [URGENT] Affaire de vol présumé de lunettes du Ministre Alamine OUSMANE MEY : 4 journalistes libérés le 21 septembre à Yaoundé après une semaine en garde à vue.
- Maquisards et « contre-insurrection » durant la guerre du Cameroun (1960).
- Cameroun : Ndionzou (Bazou) – Éveiller les tout-petits, le leitmotiv du Centre Préscolaire Communautaire de Ndionzou.
- 🕊️ 11 septembre 2001 — 25 ans de mémoire. 🕊️
- CÉRÉMONIE D’INSTALLATION ET PRISE DE COMMANDEMENT DU COMMANDANT DU CENTRE D’INSTRUCTION DES SPÉCIALITÉS DES ARMÉES (COMCISA).
- Mindif : Aboubakary HAMAN TCHIOUTO fait rimer ballon rond et excellence scolaire.
- GÉNÉRAL EZO’O MVONDO SIMON REPOSE DÉSORMAIS AUPRÈS DE SES ANCÊTRES À ESSAM ESSE.
- ELECTIONS CAMEROON : Plus de 250 000 nouveaux électeurs portent le fichier électoral à 8,2 millions d’inscrits.
- Réunion d’évaluation sécuritaire spéciale pour les rentrées scolaire et universitaire 2026 – 2027 : Les Forces de Défense et de Sécurité mobilisées pour un encadrement optimal.
- 📢 Première Session 2026 du Comité National de Sûreté de l’Aviation Civile ✈️🇨🇲
- Sûreté de l’Aviation Civile : Le CNS tient sa première session ordinaire pour l’année 2026.
- SCDP, Fleuron National, Entité Vitale, Entreprise Citoyenne 🇨🇲🇨🇲🇨🇲🇨🇲🇨🇲🇨🇲
- DIPLOMATIE : Lettre des vœux de Dr Raoul Ruben NJIONOU à l’occasion de Fête de l’indépendance de la République d’Indonésie.
- La nouvelle vie d’Émile Joël BAMKOUI, Ex-Patron du Renseignement Militaire du Cameroun.
- 🧹 PROPRETÉ URBAINE | Le drain de Besséké au Boulevard du Ngondo fait peau neuve !
- AFFAIRE MARTINEZ ZOGO : Le Capitaine EFFOUDOU promet de faire trembler les lignes sur « MASTER CLASS »
Recent Comments


Felicitation Stephy, les annees de travail dur sans fatigue paie deja.

J'ai finalement le sentiment que l'agrégation de kamto est un bricole

Hallo !

Nobis eum reiciendis hic.
