Germaine Habiba AHIDJO, l’Épouse du Premier Président du Cameroun : De Première Dame à l’exil, une figure discrète du palais présidentiel et doté d’une grande finesse d’esprit.

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Germaine Habiba AHIDJO, l’Épouse du Premier Président du Cameroun : De Première Dame à l’exil, une figure discrète du palais présidentiel et doté d’une grande finesse d’esprit.

Figure marquante de l’histoire politique et contemporaine du Cameroun, Germaine Habiba AHIDJO a traversé le XXe siècle et le début du XXIe en associant son nom à celui du Premier Président de la République, Ahmadou AHIDJO.

Discrète, intelligente et fin stratège, elle fut bien plus qu’une simple compagne : une conseillère précieuse et une combattante acharnée pour la mémoire de son époux, jusqu’à son dernier souffle en 2021.

➖ Origines et parcours académique d’une pionnière.

Née à Mokolo, dans l’actuelle région de l’Extrême-Nord du Cameroun, en 1932, Germaine est issue d’un père d’origine corse (France) et d’une mère camerounaise du grand nord, Hawa.

Elle grandit sous l’aile de sa mère et de son père adoptif, Yaya BOUBAWA, un Infirmier de l’hôpital de Mokolo qui l’oriente très tôt vers l’éducation.

Précocement scolarisée, elle obtient son Certificat d’Études Primaires à Yaoundé en 1942, alors qu’elle n’a que 10 ans. Elle intègre ensuite le Collège des Jeunes Filles de Douala (devenu plus tard le Lycée de New-Bell).

Son parcours prend une dimension internationale en 1947 : grâce à l’intervention de Louis-Paul AUJOULAT, l’Assemblée Territoriale lui octroie une bourse d’études pour la France.

Elle y décroche un diplôme d’Infirmière hospitalière d’État en 1952, avant de se spécialiser en maladies tropicales à l’Institut Pasteur en 1953.

➖ Vie privée et mariage avec Ahmadou AHIDJO.

Avant son union avec le futur Président, Germaine épouse en premières noces un Libanais du nom de TOUFIK, avec qui elle a un fils, Daniel BOUBAKARI TOUFICK, établi à Bafoussam. Après un divorce, elle rentre au Cameroun.

En 1955, elle fait la rencontre d’Ahmadou AHIDJO. Liés par une passion commune pour la lecture, leurs premiers échanges se font autour de romans, les deux jeunes gens se marient le 17 août 1957. Germaine devient ainsi la seconde épouse d’Ahmadou AHIDJO.

De cette union naissent trois filles : Babette, Aissatou et Aminatou. (Par ailleurs, Ahmadou AHIDJO a un autre fils, Mohamadou BADJIKA AHIDJO, né de son premier mariage avec Ada GAROUA).

➖ Les années de Première dame (1960-1982).

Avec la proclamation de l’Indépendance du Cameroun et l’accession de son mari à la Magistrature Suprême, Germaine AHIDJO devient la Première dame du pays, un rôle qu’elle endossera de 1960 à 1982. 🇨🇲

Durant ces 22 années, les Camerounais retiendront d’elle l’image d’une femme réservée, élégante et dotée d’une grande finesse d’esprit.
Son éducation et ses conseils avisés ont grandement contribué à renforcer l’action de l’homme politique qu’était son époux.

➖ L’exil et le combat pour la réhabilitation.

Le destin de la famille bascule en 1982 après la démission d’Ahmadou AHIDJO. À la suite de son implication supposée dans le coup d’État manqué de 1984 contre son successeur Paul BIYA, l’ancien Président est condamné à mort par contumace au Cameroun.

Ne pouvant plus retourner dans son pays natal, Germaine rejoint son mari en exil à Dakar, au Sénégal.
À la mort d’Ahmadou AHIDJO, survenue le 30 novembre 1989, s’ouvre pour elle un long combat.

Jusqu’à la fin de ses jours, elle bataillera sans relâche pour obtenir du pouvoir en place à Yaoundé la réhabilitation officielle de son époux et le rapatriement de ses cendres au Cameroun.

Elle s’est toujours opposée fermement aux conditions imposées par le Président Paul BIYA, exigeant que le rapatriement de la dépouille (enterrée au cimetière de Yoff à Dakar) soit pleinement initié et assumé par le gouvernement camerounais, tout en réclamant des réparations pour les ayants droit.

➖ Derniers moments et disparition.

Éprouvée ces derniers mois par la dégradation de sa santé et par la disparition de son fils aîné, Daniel TOUFICK, Germaine AHIDJO s’éteint dans la nuit de 19 au 20 avril 2021 à l’Hôpital Principal de Dakar, à l’âge de 89 ans.

Fidèle à ses combats et à sa mémoire, elle a été inhumée au Sénégal, aux côtés de son époux.


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-Centre Éducatif Bastos
www.centre-educatif.org

ATN

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