La fin de l’ère des courtisans.

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La fin de l’ère des courtisans.

Les jours qui suivent l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun sont teintés d’une atmosphère particulière, mêlant l’attente des résultats officiels à une introspection politique douloureuse au sein du parti au pouvoir. Si l’issue du scrutin semble, une fois de plus, désigner le Président Paul Biya comme le favori, un constat s’impose : l’assise du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) a été, contre toute attente, sérieusement fissurée dans des fiefs considérés comme « imprenables ». Cet ébranlement, souligné avec lucidité par le Magistrat hors hiérarchie Michel Ange Angouing, dans une tribune publiée le 14 Octobre dernier, révèle une crise de confiance et un problème de loyauté au sommet.

La déroute ou la performance très en deçà des attentes dans certains bastions traditionnels du parti n’est pas un simple accident. Elle est le symptôme d’une trahison en interne, une faillite dans la chaîne de commandement et de l’information.

Des témoignages qui remontent désormais font état d’un fossé grandissant entre les élites du parti et une jeunesse rurale et urbaine, notamment dans le Septentrion, épuisée par la misère et la précarité. Les lieutenants du Chef de l’État auraient, soit délibérément, soit par négligence coupable :

• Mal remonté les informations du terrain : La détresse des populations et leur rejet du statu quo n’auraient pas été fidèlement rapportés. Le Président Paul Biya aurait ainsi été alimenté en données faussées, ignorant la véritable vague de contestation qui prenait forme.

• Manqué à leur devoir de campagne : Certains n’auraient pas suffisamment mobilisé, voire auraient agi par une consigne de vote contraire en coulisse. La défaite « dans son village, dans son arrondissement », comme le rappelle M. Angouing, rend questionnable le soutien réel de ces cadres au Candidat-Président.

Les consultations menées au Palais de l’Unité avant l’élection n’ont, visiblement, servi qu’à produire une façade, un exercice de style, mais pas à capter la réalité politique crue du pays. Le RDPC est allé à cette élection sans les vraies informations.

Le moment est donc venu de tirer les leçons de ce qui s’apparente à une trahison des fidélités. La pensée du Magistrat Angouing est un appel sans fard à l’introspection : le « griotisme n’est pas toujours le reflet de l’âme ! »

C’est une interpellation directe à ceux qui, drapés dans une loyauté de façade, ont privilégié leurs intérêts personnels ou encore ont plus brillé par une tiédeur et une indolence blâmable au détriment de la victoire du candidat qu’ils étaient censés soutenir sans réserve (Comment comprendre que les gadgets, les simples gadgets ne soient pas parvenus aux populations, aux électeurs et donc véritables destinataires ?). L’échec dans les fiefs est la preuve de la supercherie.

Le Président Paul Biya doit faire face à cette réalité. La victoire, même annoncée, est ternie par la mise à nu de l’inconstance et de la duplicité de certains de ses proches collaborateurs. Il est impératif qu’il cesse définitivement de travailler avec des traitres dont l’unique objectif était de se servir du pouvoir, au détriment de ses vrais alliés. Ces derniers, par leur engagement véritable et leurs résultats incontestables, ont su préserver la victoire dans leurs fiefs respectifs et méritent désormais d’être les seuls interlocuteurs de confiance.

Comme le dit la sagesse populaire, « Quel que soit la durée de la nuit, le jour finit toujours par apparaître. » La lumière est faite sur l’hypocrisie de certains. Il est temps, pour le bien de la stabilité du pays, de séparer le bon grain de l’ivraie.


Timothée Essomba-Abena
Journaliste-Chercheur et Directeur de Publication

PBN

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