L’arlésienne de Tchiroma.

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L’arlésienne de Tchiroma.

La politique camerounaise, décidément, ne manque jamais de piment. Alors que le pays retient son souffle en attendant la proclamation officielle des résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025 par le Conseil Constitutionnel, un spectacle navrant se joue sous nos yeux : la victoire imaginaire, clamée avec l’arrogance des certitudes, par le candidat du FSNC, Issa Tchiroma Bakary.

Ce scénario, cette clameur sans substance, n’est rien d’autre qu’une chimère dont on parle sans cesse, mais que l’on ne voit jamais, car elle n’existe tout simplement pas.

Aujourd’hui détenteur comme tous les autres candidats en lice à cette joute électorale pour le graal, des 108 PV des commissions locales ; des 58 PV des commissions départementales et de la compilation finale faite par la commission nationale de recensement général des votes, ITB est en mesure de prendre le peuple à témoin.

L’opération serait d’une simplicité céleste : Confronter les chiffres publics à ses présumés chiffres privés, au demeurant considérés par lui et ses dévots comme vérité. Il ne le fait pas, arc-bouté à dessein, sur des décomptes erronés et incohérents qu’il a lui-même publiés, exhalant au passage, le montage et la falsification. L’épisode au cours duquel il lance un S.O.S PV(x) aux formations politiques concurrentes ne vient que grossir le doute, la suspicion et la confusion.

L’édifice du mensonge se fissure d’abord de l’intérieur. « L’Usine de faux PV » est en pleine ébullition, non pas pour consolider une victoire, mais pour débattre de la crédibilité de la fraude elle-même. La querelle porte sur un pourcentage attribué à Tchiroma jugé « trop élevé pour paraître crédible », mais surtout sur des détails administratifs. Faut-il mettre le logo du FSNC ? Faut-il signer à Yaoundé ou à Garoua ? Ces atermoiements, devenus des « points de discordances », témoignent de l’amateurisme et de la panique d’une équipe qui, plutôt que de défendre un résultat, est occupée à « fabriquer » un récit. Le cynisme de Tchiroma, qui tranche par un : « Nous sommes déjà dans le faux, continuons seulement », est l’aveu le plus cinglant d’une démarche malhonnête.

Le coup de grâce est porté par l’analyse chirurgicale du faux PV du Wouri, document censé prouver la victoire du FSNC mais qui, en réalité, « se dénonce lui-même ». Les chiffres ne mentent pas, mais ceux de Tchiroma, si :

Arithmétique juridique impossible : Le total des voix attribuées (484 751) dépasse de 13 460 voix le nombre de suffrages valablement exprimés (471 291). Il y a eu des « voix fantômes », des votes en dehors des urnes. La fraude est grossière.

Pourcentages mathématique au-delà du possible : L’addition des pourcentages des candidats donne un total de 102,86 %, défiant toute logique électorale qui impose un 100 % strict. C’est le signe d’un « faux bricolé à la hâte ».

Anomalies administratives plausibles et criantes : Le document porte le logo du FSNC, un parti politique, et non celui d’ELECAM, l’organe officiel. Il est dépourvu des signatures croisées des représentants de tous les partis, de l’administration et d’ELECAM, éléments indispensables à son authenticité. Sa forme même le rend « illégal » et lui ôte toute valeur probante.

Tchiroma Bakary n’est pas le vainqueur spolié ; de par ses propres publications illogiques et ses agissements subversifs, il est le principal architecte de la fraude et de l’incertitude.

Le mythe de la victoire volée s’effondre non seulement face à l’absence totale de preuves crédibles, mais surtout devant l’évidence de la fraude qu’il a lui-même orchestrée. La tangibilité ahurissante de certains faits s’érige pour l’espèce en un complexe de pièces à conviction implacables qui transforment l’accusateur en accusé.

Il ne fait désormais aucun doute qu’Issa Tchiroma Bakary qui s’est déjà autoproclamé vainqueur a officié sur la base de « résultats fabriqués et comportant de grossières incongruités ». L’agitation du candidat, bien loin de la sérénité qu’exigerait un vainqueur légitime, trahit une stratégie de déstabilisation dont le mobile est plus subversif qu’électoral.

Ce n’est pas la victoire qui est recherchée, mais le chaos, le déclenchement d’un soulèvement populaire pour « provoquer la faillite des institutions ». Tchiroma n’est qu’un « Cheval de Troie » dans une entreprise aux relents de la Françafrique, visant à ouvrir la voie à une transition politique, une situation « d’État failli » que le Cameroun n’est pas.

La victoire que clame Issa Tchiroma Bakary est un écran de fumée. Elle n’a d’existence que dans les bureaux où sont fabriqués les faux PV et sur les réseaux sociaux des « influenceurs du chaos » qui lui servent de relais numériques. « L’arlésienne de Tchiroma » n’est pas un appel à la justice ou à la vérité des urnes ; c’est un « plan dangereux de déstabilisation » au parfum atavique d’une vengeance personnelle doublée d’un fantasme communautarisé, dont l’objectif est d’utiliser le peuple comme un « stupide sacrifice » pour aboutir à une crise politique, qui lui serait le favorable strapontin vers la magistrature suprême.

Le Cameroun, dont le peuple « observe cette situation avec attention », a démontré sa maturité. Il n’appartient plus au candidat, mais au Conseil Constitutionnel, de lui donner la vérité des chiffres le 27 octobre prochain. En attendant, l’histoire retiendra que la seule preuve de la victoire de Tchiroma est celle qu’il a si maladroitement falsifiée. Et c’est cette preuve qui le désigne, sans la moindre ambiguïté, comme le fraudeur.


Timothée Essomba-Abena
Journaliste – Chercheur et Directeur de Publications
Tél: (+237) 693-97-07-93 / 679-48-37-37

ATN

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