La dernière nuit du Mpodol : Ce 13 septembre 1958 demeure un jour marqué par le mystère, la douleur et la mémoire.

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La dernière nuit du Mpodol : Ce 13 septembre 1958 demeure un jour marqué par le mystère, la douleur et la mémoire.

Dans la forêt de Libel li Ngoï, le corps de Ruben Um Nyobè, fauché par les balles coloniales, fut traîné sans ménagement. À ses côtés, la souffrance se prolongeait pour les siens : sa femme, Ngo Njock, jeune et digne, portait dans ses bras Daniel, leur fils de dix mois, innocent témoin de l’horreur ; sa belle-mère, Ruth Ngo Kam, femme de courage, ainsi que Jean-Marc Poha, compagnon de lutte et de malheur, étaient eux aussi malmenés.

La nuit du 13 septembre 1958 fut longue, sombre et cruelle.

Les colons, implacables, avaient transformé cette marche funèbre en supplice. La forêt résonnait du bruit des pas, des chaînes, et du craquement des branches. Chaque heurt contre le sol, chaque tiraillement, laissait jaillir un flot de sang sur la terre rouge. Le corps de l’apôtre de la liberté, le Mpodol, devenait alors le sillon vivant d’un martyr : une route de douleur où se mélangeaient la boue, la pluie et le sang.

Lorsque le jour se leva, vers 7 heures du matin, le cortège macabre atteignit Nkii Liyong, à Boumnyebel. Sous une pluie battante qui s’était mêlée au soleil timide de septembre, le corps d’Um Nyobè fut exposé à la vue de tous. Déposé à même le sol, traîné devant la foule abasourdie, son cadavre devenait pour les colons une arme de propagande : il fallait humilier, briser les âmes, montrer que même le plus grand des résistants basaa pouvait tomber.

Mais ce que les oppresseurs ne comprenaient pas, c’est que cette exposition publique, au lieu de réduire l’homme à l’infamie, fit de lui un symbole éternel. Le sang mêlé à la pluie, ruisselant sur son corps, n’était pas un signe de défaite : c’était l’alliance entre la terre et l’esprit, le sceau d’un sacrifice qui allait traverser les générations.

Les femmes pleuraient en silence, les hommes serraient les poings. Dans les regards des enfants, au-delà de la peur, se gravaient déjà les premières étincelles d’un avenir à reconquérir.

En cette matinée lourde, Um Nyobè n’était pas seulement mort : il devenait immortel, porté par la mémoire d’un peuple qui, malgré la douleur et les chaînes, refuserait désormais de courber l’échine.

À 4h30 du matin, au moment exact où le Mpodol Ruben Um Nyobè tombait sous les balles ennemies, un phénomène étrange secoua le Ngog Lituba. Du fond de la grotte, un cri inhabituel, puissant et glaçant, se fit entendre. Ni humain, ni animal, il roulait dans la roche comme un appel venu des ancêtres.

Les maquisards, alertés et effrayés, sortirent précipitamment. Ce qu’ils découvrirent les bouleversa : les espèces vivantes qui habitaient la grotte chauves-souris, oiseaux, reptiles étaient toutes mortes. Le lieu, d’ordinaire vibrant de vie, n’était plus qu’un tombeau de silence.

Les femmes pleuraient en silence, les hommes serraient les poings. Dans les regards des enfants, au-delà de la peur, se gravaient déjà les premières étincelles d’un avenir à reconquérir.

En cette matinée lourde, Um Nyobè n’était pas seulement mort : il devenait immortel, porté par la mémoire d’un peuple qui, malgré la douleur et les chaînes, refuserait désormais de courber l’échine.

À 4h30 du matin, au moment exact où le Mpodol Ruben Um Nyobè tombait sous les balles ennemies, un phénomène étrange secoua le Ngog Lituba. Du fond de la grotte, un cri inhabituel, puissant et glaçant, se fit entendre. Ni humain, ni animal, il roulait dans la roche comme un appel venu des ancêtres.

Les maquisards, alertés et effrayés, sortirent précipitamment. Ce qu’ils découvrirent les bouleversa : les espèces vivantes qui habitaient la grotte chauves-souris, oiseaux, reptiles étaient toutes mortes. Le lieu, d’ordinaire vibrant de vie, n’était plus qu’un tombeau de silence.

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Ils se regardèrent, troublés. Aucun doute : c’était un signe. La nature venait de leur annoncer que leur guide, le Mpodol, avait quitté ce monde. À 6h00, sans qu’aucun messager n’ait eu le temps d’arriver, la rumeur parcourait déjà la forêt et les villages voisins : “Um Nyobè est tombé.”

Et à 8h00, la tragédie se confirma dans toute son horreur. Son corps fut traîné et exposé à Nkii Liyong, laissé à la merci des moustiques, du soleil brûlant et de la pluie qui, ce jour-là, s’abattit sur la région comme pour mêler la colère du ciel aux larmes de la terre. Le Mpodol, qui avait porté la voix du peuple jusqu’à l’ONU, gisait désormais sans vie, offert en spectacle par ses bourreaux pour humilier ses compagnons et intimider son peuple.

Mais au lieu d’éteindre la flamme, cette profanation du corps renforça le sentiment que la nature, les ancêtres et les vivants s’étaient unis pour sanctifier son sacrifice. Les maquisards comprirent alors que si l’homme avait été abattu, l’idée et le combat qu’il incarnait demeureraient immortels.


On n’oublie pas, on ne pardonnera jamais.

Source : Plateforme soutien peuple bassa

PBN

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